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La Tourbière du Grand Lemps, une réserve naturelle nationale au coeur d'un bassin versant classé en site Natura 2000
Située à 500 m d'altitude sur les communes de Châbons et Le Grand-Lemps
dans le Bas-Dauphiné, cette tourbière occupe un des nombreux vallons
glaciaires des Terres Froides. Le fond de la dépression est recouvert
d'une végétation paludéenne dense où l'eau libre représente plus de 7
ha, les versants sont partagés entre prés pâturés, cultures et taillis
de châtaigniers. La diversité des groupements tourbeux alcalins et
acides, les particularités hydrologiques du site (sources
sous-lacustres), la richesse faunistique observée concourent à
l'intérêt patrimonial exceptionnel du site.

Un patrimoine paléoécologique, floristique et faunistique exceptionnel
Les milieux tourbeux, et plus particulièrement les groupements à
sphaignes, constituent l'originalité de cette tourbière. En effet, ces
sphaignes, qui se développent habituellement sur terrains pauvres et
acides, n'ont pu s'installer ici en milieu calcaire, qu'à la surface
des radeaux végétaux, alimentés uniquement d'eau de pluie. On observe
par conséquent l'apparition d'une tourbière de transition à sphaignes
et drosera à feuilles rondes sur une tourbière alcaline à choin,
drosera à longues feuilles et Liparis de Loesel.
La vaste roselière et les plans d'eau libres accueillent une faune
remarquable étudiée de longue date par la Ligue pour la Protection des
Oiseaux de l'Isère. Le butor étoilé et le blongios nain, deux hérons
rares, fréquentent le site, ainsi que les busards des roseaux et
Saint-Martin. Ce dernier forme en hiver un dortoir pouvant dépasser la
centaine d'individus. Le râle d'eau, le bruant des roseaux et les
fauvettes aquatiques sont les oiseaux les plus caractéristiques de la
Réserve.
17 espèces de reptiles et d'amphibiens ont été observées ; parmi
celles-ci, la tortue cistude d'Europe et le triton crêté sont très
menacés. 45 espèces de libellules utilisent les différents
micro-milieux de la Réserve, soit plus de la moitié des espèces connues
en France. Un suivi scientifique de la migration des amphibiens
A la fin de l’hiver, l’axe de migration prénuptiale des amphibiens se
rendant des bois vers la tourbière coupe un axe routier, ce qui
provoquait leur écrasement massif par les véhicules. Afin de palier à
cette hécatombe, AVENIR et la LPO Isère ont organisé, de 1996 à 2004,
un sauvetage des amphibiens en montant chaque fin d'hiver des barrières
amovibles permettant de recueillir les individus, de les identifier et
de les relâcher de l'autre côté de la route. Le succès de cette
opération a permis au Conseil général de financer courant 2004
l’aménagement d’un passage à petite faune, le plus long d’Europe avec 1
km de route équipée. Cet ouvrage exemplaire est maintenant l’objet
d’une évaluation qui permet par ailleurs de continuer à suivre finement
la population d’amphibiens concernée.
Une réserve naturelle et un site Natura 2000 en bas-dauphiné
Depuis les années 70, la tourbière est connue et fréquentée par les
scientifiques et les associations de protection de la nature de la
région grenobloise. En 1992 le Conseil Général de l'Isère institue une
zone de préemption sur l'ensemble du site. Le décret interministériel
instituant la Réserve est promulgué le 22 décembre 1993, il est
complété en 1994 par un Arrêté Préfectoral de Périmètre de Protection.
L'année suivante, le Préfet confie à AVENIR la tâche de gérer la
Réserve. Différentes structures naturalistes et scientifiques sont
associées à cette mission. Un conseil scientifique, commun avec la
Réserve naturelle du Lac Luitel, rend des avis sur les opérations
programmées. Pour protéger la qualité des eaux de surface alimentant la
tourbière, tout le bassin versant pluvial a intégré le réseau européen
d’espaces naturels Natura 2000. Il concerne une partie du territoire
communal de Châbons, Le Grand-Lemps, Bizonnes, Burcin et Colombe.
Une gestion concertée à dose homéopathique
Grâce à une gestion prudente de la Société Civile Immobilière du Lac,
propriétaire de 9/10 du site, la tourbière a pu parvenir jusqu'à nous
avec sa richesse biologique originelle. On peut cependant observer que
l'absence d'entretien associée aux pressions anthropiques environnantes
(autoroute, décharge, intensification de l’agriculture, …) accentuées
dans les années 1970-80 aboutit à une fermeture progressive par
densification des roselières et apparition de ligneux. Le plan de
gestion réalisé en 1997 et le document d’objectifs Natura 2000 en 2004
visent à engager des essais de gestion du milieu, conciliant
intervention minimum et maintien des espèces patrimoniales.
Pour visiter la réserve
A l'heure actuelle, le site est un terrain privé non accessible au
public. Cependant, il existe en périphérie, au niveau de la route qui
longe la réserve, trois aires d'accueil avec des panneaux d'information
et qui offrent un panorama sur le site. De plus, un Jardin de Tourbières
dans la partie nord est ouvert depuis début septembre 2007, avec
l'aménagement d'un sentier de découverte le long de la tourbière. En savoir plus
Télécharger le livret (8,04 Mo)

Les objectifs
- Améliorer la qualité de l'eau pour assurer la pérennité de la tourbière et les espèces inféodées
- Maintenir la diversité des habitats tourbeux en surveillant notamment la progression des bouleaux
- Conserver la capacité d'accueil pour l'avifaune paludicole et les surfaces en eau libre
- Préserver les populations d'amphibiens en limitant la mortalité par écrasement sur les routes
- Ouvrir le site au public en périphérie
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Les objectifs
Les espèces remarquables
Surfaces et statuts
Bibliographie

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Les sites en chiffres
Crédit photographique :
- Photos du haut, ci-contre et ci-dessous : Avenir
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